dimanche 1 juillet 2018

El Adoureño, le retour...

Lors de la visite des novillos aux corrales de Béziers, juste avant le sorteo, Michel Bouisseren
l'organisateur de la novillada de Boujan sur Libron annonce la couleur : Boujan est une plaza toriste, nous souhaitons mettre en valeur la suerte de vara. Donc seront seuls en piste le picador, le novillero et le lidiador, et il faudra placer, comme en concours, le novillo de plus en plus loin. Le ton est donné!
Par ailleurs, il nous informe que le novillo n°4 ne s'est pas calmé depuis le débarquement de mardi, au point de l'isoler dans les corrales, il est toujours resté très nerveux.
Les lots sont formés et le n° 4 se trouve avec le n°14. Le sorteo attribue ce lot à El Adoureño! Malheureux présage? La malédiction continue-t-elle?
Yannis le positionne en premier pour espérer finir sur une bonne note avec le n°14 qui semble bien fait, comme les autres d'ailleurs.

El Adoureño torée en seconde position, Maxime Solera vient de se faire bousculer avec son premier, il est à l'infirmerie. Le n°4 sort du torril, il n'est pas facile à la cape, au point de l'ôter des poignets d'El Adoureño. Laurent Langlois s'emploiera à trois reprises à le piquer, El Adoureño respectant les consignes pour valoriser cette suerte et donc le novillo.
Boujan revendique sa plaza toriste, c'est la raison certainement de la présence des présidents d'Orthez, Saint Perdon, Céret...
Ce n°4 revient donc sans trop se faire prier au cheval.

Non seulement il est brave, mais il est aussi plein de noblesse. Quel plaisir de voir El Adoureño s'amuser avec son novillo, à droite, à gauche, s'essayant à effectuer des figures stylées avec succès. Nous avons à nouveau apprécié l'alegria de Yannis dans son toreo. Ce n°4 aura finalement permis à El Adoureño de réveiller l'arène sur les terres de ses deux compagnons de paseo.


Une épée suffira pour faire s'agenouiller le novillo. Tout comme nombre de spectateurs, les huit socios de la peña (principalement féminines) ayant fait le déplacement auront ardemment agité le mouchoir blanc (et donné de la voix). La seule oreille incontestable de la tarde est pour El Adoureño.

Petite confidence : Il y a deux semaines, lors d'une tienta proche de Salamanca, Yannis s'est déboîté l'épaule droite. En fait ce fût un mal pour un bien : l'échographie a révélé que pour cette même mésaventure qui lui était arrivé le 2 octobre 2017 à Medina de Pomar, l'épaule ne s'était jamais remise en place correctement. Depuis lors, El Adoureño souffrait d'un handicap dont il n'avait pas conscience, ou bien dont il n'avait pas mesuré la gravité, ou du moins ses conséquences.

Le numéro 14, son second, sera comme les quatre autres novillos, bien présentés, mais s'éteindront rapidement, le cinquième refusant d'aller au cheval. Là aussi, une seule épée aura suffi à El Adoureño pour le faire tomber.

Offrons à Yannis, en pleine possession de ses moyens, des novillos de combat braves et nobles, El Adoureño brillera comme il nous l'a montré l'an dernier.

Laurent Langlois n'aura pas reçu le prix du meilleur picador et le prix de la plus belle faena n'aura pas été attribué. Même si ce n'est pas tolérable, il arrive que l'arbitrage se fasse parfois "à la maison". Ce n'est pas grave.
L'organisateur Michel Bouisseren a dû être déçu de ce lot de novillos qui n'a pas été à la hauteur de la prétention de son arène toriste.

Attention à ne pas tuer l'aficion de l'intérieur...!