mercredi 20 septembre 2017

Article 1

La démarche pour devenir « Matador de toros » est courageuse, longue et souvent douloureuse.
Les apprentis-toreros  fréquentent le plus souvent les écoles taurines et dès l’âge de seize ans commencent à participer aux novilladas. Les organisateurs français programment assez souvent des jeunes français et des espagnols ; les organisateurs espagnols programment le plus souvent des jeunes espagnols et en particulier ceux du pueblo et parfois quelques français.
Il y a aussi une autre façon d’apprendre pour un jeune français, c’est d’aller vivre en Espagne et d’être bien encadré.
NOGARO, dans le Gers est une place forte de la course landaise. C’est ici qu’a été créé le championnat de France des écarteurs et plus tard le concours de « La corne d’or » qui s’y déroule chaque 14 juillet.
Nogaro tient dans ses murs un jeune qui affectionne les vaches landaises mais qui a choisi de s’intéresser davantage à la tauromachie espagnole.
Il fréquente pendant 7 ans l’école du maestro du Sud-Ouest Richard Milian qui lui donne l’apodo de « El Adoureño », rappelant le nom de son école et du fait que Yannis vit proche de l’Adour. Il débute à Aignan en novillada non piquée le 13 mars 2013 et une mauvaise blessure subie à Mont de Marsan en 2014 l’écarte des ruedos. Il en profite pour terminer ses études.
2016 est le retour de Yannis dans les arènes, mais cette fois, il choisit de s’implanter en Espagne. Et pas n’importe où : dans la vallée de la peur ! En effet, cette région qui relie les provinces de Ségovie, Madrid, Tolède, Avila est réputée par le choix des novillos et toros pour l’organisation des spectacles au sein de ce périmètre. Souvent des copies de Miuras !
La dernière course de Yannis en 2016 est sa première novillada piquée. Il coupe une oreille au toro de Monteviejo.
2017 marque la démonstration, la détermination d’El Adoureño de devenir un vrai, un grand torero.
Yannis : « Ma première saison se déroule en intégralité en Espagne. Je torée tous les encastes. L’Espagne est très différente de la France, notamment les arènes sont beaucoup moins luxueuses qu’en France. Mais cela me permet d’acquérir de l’expérience et de me faire connaître. L’objectif de cette année est de terminer dans les dix premiers de l’escalafon et pourquoi pas dans les 5 premiers. C’est en cours d’acheminement, et c’est bien parti ».
Après la dernière novillada de samedi 19 août où il coupe une oreille à chacun de ses deux monstres (novillos de 580 et 600 kg !), après avoir été chahuté, perdu connaissance et reçu quatre points de suture ! Ces deux oreilles âprement gagnées justifient sa 9ème sortie a hombros consécutive. Ces résultats lui donnent les meilleures statistiques de l’escalafon, tout en étant à la sixième place en nombre de novilladas : 10 novilladas, 20 oreilles, 2 queues !
Yannis : « Et l’année prochaine sera une année très importante pour moi. J’espère démarrer la temporada très tôt, notamment en France. Il faudra que je prouve chaque après-midi que je ne suis pas là par hasard, mais que je me le gagne chaque tarde ».
Entre autres novilladas, Yannis sera au paseo avec (pour la première fois) le français Tibo Garcia et Garcia Navarrete devant l’élévage de Conde de la Maza, lors de la XXVIII Feria del Arroz à CALASPARRA, le 6 septembre prochain.
Vivement que l’on voit « El Adoureño » en France !